Temps d’argent

Petit toutou à fric trotte après le temps perdu 
On te rappellera que c’est la seule cause
Qui vaille la peine le coût et les coups 
On te dira que le temps est de l’argent 

Les deux se comptent et manquent 
Un seul se rend et l’autre
Se jette dans un puits sans fond.

Petit homme important qui écrase les autres 
Défend la planètes de beaux principes narquois:
« Et rappelons liberté fraternité égalité. »
Vraiment? J’en ris presque?

Ne compte pas ton temps 
Il se vide couche le sablier 
Regarde ta mort à rebours 
Sans penser à ta vie à crédit 
Lorsque les friches des berges 
Sont prêtes à flamber 
Telles les voies de la gloire.

Valorise la nature et habite ces immeubles neufs
Déjà désuets dégueulasses polluent le paysage 
La sainte terre devenue poussière fertile 
Qu’ont-ils fait dans les courses folles au
« Tout maintenant! » 

Tiens bien l’Ecran comme l’infini dans ta paume 
Selfies d’auto-conviction 
Choisis ta belle petite case 
Comme les hashtags du Réseau.

Choisis les ruptures les silences les oeillères 
Alors qu’on applique des frais bancaires à la Vie.

Deviens esclave des outils 
(Réparer son marteau rouillé alors qu’il plante 
encore des clous et casse des mains)
Serveurs de données, cookies sans pépites
Accepte toutes les conditions de toi-même
Sans les avoir lues
Système de roue à hamster 
Oméga de l’infini redondant.

Le serpent s’est débarrassé de sa mue 
Rampant dans la pauvreté du réel
N’a plus qu’à se mordre la queue 
Ouroboros ronge son frein.

« Toujours choisir
Choisis bien tes possibles limités 
Eventre tes rêves tes envies tes évasions 
Révélation dans la conscience excentrée:

Je n’ai pas choisi de naître - 

Suis les sens uniques les feux de circulation 
Subis les maîtres du Vide évoquant 
Ta liberté d’exister d’être toi et de 
« Faire quelque chose ».

N’oublie pas de consommer et subir ta mort à crédit 
Coupe les voies de communication
Reste connecté l’espace d’un instant déjà éteint

N’oublie pas de consommer et subir ta mort à crédit 
Coupe les voies de communication
Reste connecté l’espace d’un instant déjà éteint.

Le Temps file sans solde de tous comptes connu
On invoque en litanies ce que tu dois 
Peu importe que le serpent s’enroule déjà 
Autour de ta gorge à cravate 
La mort n’existe plus 
Un marché sans rien à brader.

[Même une cartouche en chambre 
Bouche - de canon - à l’endroit précis du cerveau 
Te sera facturée
Cartouche en chambre pour balle dans le buffet 
Plutôt que de tirer un coup 
Chaleur des corps étreintes de plaisir (oubliées)
La communion sacrée des âmes bafouée 
Qui n’avait pas besoin de mots ni démons.]

Subis ta vie en la régissant sur des règles 
Diktats de bonheur accomplissement personnel.

Moi? Assis en tailleur sur la berge sèche 
Les herbes comme des aiguilles 
Moi? Je suis de la race perdue des poètes 
Fantômes trouvés en camelote 
La dernière pièce de monnaie d’un flipper 
Et Game Over.

Rivière asséchée remous de l’eau quand tombe la nuit 
Hérons et poissons cherchent leur pitance 
Sorti de moi-même j’éloigne ma potence 

Considère moi mort hors de l’Ecran.


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